Un changement de RIB arrive par email. Le nom de l’expéditeur est connu, la signature paraît authentique. Mais comment savoir si le message vient réellement de lui ? C’est sur cette question que se positionne Stega Trust, une jeune entreprise française fondée par Laura Giannechini et Reda Bouchalkha, dont le produit a été lancé en juin 2026.
La solution de Stega Trust s’intègre à Outlook et certifie les emails sortants par une preuve cryptographique horodatée. Selon l’entreprise, l’empreinte du message est calculée sur le poste de l’expéditeur, sans transmettre son contenu à Stega Trust. À la réception, un correspondant équipé peut voir un badge dans Outlook. Les autres disposent d’un code à saisir sur le site de vérification pour contrôler l’origine et l’intégrité du message.
L’intérêt est évident pour les entreprises dont les emails déclenchent des décisions sensibles : paiement d’une facture, transmission d’un RIB, instruction à un client ou échange de documents. Stega Trust cible notamment les cabinets comptables, les avocats, les notaires et les agences immobilières. Son pari est de rendre la vérification accessible dans un outil que ces professionnels utilisent déjà.
Le marché est toutefois loin d’être vierge. La signature d’emails existe avec S/MIME, proposé notamment par des acteurs du certificat comme Sectigo. Proofpoint et Mailinblack combattent, de leur côté, l’usurpation et les fraudes par email avec des approches davantage centrées sur l’authentification des domaines et la détection des messages suspects. Stega Trust cherche sa place entre ces familles de solutions, en mettant une preuve directement à la portée du destinataire.
En rendant l’origine et l’intégrité d’un email faciles à vérifier, Stega Trust s’attaque à un problème quotidien pour les entreprises : décider si un message sensible mérite leur confiance. Son intégration à Outlook et sa vérification ouverte aux destinataires donnent à cette approche un intérêt particulier pour les échanges de RIB, de factures ou d’instructions. Reste à voir comment elle sera adoptée sur le terrain, mais la jeune entreprise occupe déjà une place claire sur le marché de la confiance numérique.