Liens suspects, QR codes piégés, images retouchées ou voix clonées… Afensia rassemble plusieurs outils de vérification sur smartphone. Son ambition est de rendre les signaux de fraude compréhensibles pour aider chacun à décider. Avec des limites à connaître.
Tout commence par un doute. Ce message vient-il vraiment d’un transporteur ? Cette vidéo montre-t-elle un événement réel ? Raphaël Gibrat, géniteur de l’app, explique avoir créé Afensia pour répondre à un besoin personnel de vérification face aux fraudes et aux faux contenus. Le lancement a eu lieu en juillet sur plusieurs marchés, dont la France, la Belgique, le Canada et les États-Unis, avec un accueil largement favorable.
Disponible sur iOS et Android, l’application réunit des technologies de détection et de vérification dans une interface commune. Sa valeur tient à cette intégration et à la restitution des résultats dans un langage accessible.



Un contrôle avant le clic
Premier usage, examiner un lien avant de l’ouvrir. L’utilisateur soumet une adresse et obtient une analyse accompagnée d’explications. Dans l’un des exemples, l’outil classe une boutique en ligne comme suspecte en invoquant notamment un domaine récent et des informations insuffisantes sur le vendeur. Il recommande des vérifications complémentaires avant un achat. Notez que cette qualification traduit une appréciation du risque, sans établir à elle seule l’existence d’une escroquerie.
Le scanner de QR codes répond au même besoin. Avant de suivre un code sur une affiche ou une demande de paiement, l’application permet d’en examiner la destination et de rechercher des signaux suspects.
Autre fonction, la recherche d’une adresse email dans des fuites de données connues. Elle aide à identifier une exposition passée et à prendre des mesures, comme changer un mot de passe réutilisé. Un résultat négatif signifie seulement qu’aucune exposition n’a été trouvée dans les sources consultées.
Quand l’image et la voix deviennent suspectes
Afensia permet également de soumettre des images et des vidéos afin d’y rechercher des indices de manipulation ou de génération par IA. Les captures ci-dessous illustrent ce fonctionnement avec deux vues du même immeuble. La première est jugée apparemment authentique. La seconde, qui comporte un incendie ajouté au sommet du bâtiment, déclenche une alerte de manipulation.
Une analyse vocale complète ces fonctions pour rechercher les indices d’une voix synthétique ou clonée dans un contenu audio. Un usage possible face à un message pressant attribué à un proche ou à un dirigeant demandant un paiement.
Ces résultats apportent des indices, avec une incertitude à conserver à l’esprit. L’absence de manipulation détectée ne certifie ni l’origine d’un fichier ni la véracité de ce qu’il raconte.
Des formules pour soi, sa famille ou son équipe
L’application propose plusieurs abonnements avec des quotas d’analyses. Au 23 octobre, le site affiche des tarifs de lancement annuels de 25,99 euros pour un particulier, 42,99 euros pour une famille de cinq membres et 77,99 euros pour une entreprise jusqu’à cinq salariés. Les enveloppes respectives sont de 600, 1 000 et 1 800 crédits par an, un crédit correspondant à une vérification. Des recharges sont proposées.
Au-delà du prix, Raphaël Gibrat indique que les données confiées à Afensia sont stockées et conservées. A charge pour l’utilisateur de demander leur suppression auprès du prestataire.
Le fondateur annonce de nouvelles possibilités et de nouveaux services à venir. L’intérêt immédiat d’Afensia tient à un geste simple, faire vérifier un contenu au moment où le doute apparaît. Son utilité se joue ensuite dans la compréhension du résultat et dans la décision qu’il permet de prendre.
