Avec ses UR Codes, FaceTec associe dans un même QR code une identité vérifiée, un gabarit facial et la signature numérique de l’émetteur. L’objectif étant de permettre à un smartphone de contrôler, localement et à faible coût, qu’un document, un droit ou un compte est bien présenté par son titulaire. Une approche potentiellement disruptive, mais encore dépendante de la confiance accordée à l’émetteur.
Un UR Code peut être imprimé sur une carte, un diplôme ou un titre d’identité, mais aussi affiché dans une application ou un wallet. Il contient trois briques : des informations d’identité ou un identifiant métier, un vecteur biométrique facial compact et une signature électronique produite par l’organisme émetteur.
Lors du contrôle, un téléphone ou une webcam lit le code, vérifie sa signature grâce à la clé publique de l’émetteur, puis compare le visage de la personne présente aux données biométriques intégrées. À distance, une détection de présence réelle doit d’abord écarter une photo, une vidéo ou un deepfake.
La rupture tient dans cette combinaison. Un QR code classique donne accès à une information ou renvoie vers une base. L’UR Code cherche à répondre à trois questions : qui l’a émis, son contenu a-t-il été modifié et la personne qui le présente en est-elle bien le titulaire ?
FaceTec cite les titres d’identité, les permis, les diplômes, les cartes professionnelles, les tickets, les comptes numériques et les preuves d’âge. Avec Foster+Freeman, spécialiste du contrôle documentaire, l’entreprise pousse aussi le dispositif aux frontières. Ainsi, un agent pourrait parfaitement authentifier le document et vérifier sa liaison biométrique avec le voyageur.
Dans le secteur de la santé, un hôpital pourrait également relier un patient au bon dossier médical. Une carte d’assurance dotée d’un UR Code ne serait donc plus seulement un numéro. Son utilisateur devrait correspondre au visage encodé. Pour des soins à domicile ou un transport médical, patient et prestataire pourraient chacun s’authentifier ; les deux contrôles, horodatés, formeraient une trace utilisable lors d’un remboursement ou d’un audit.
La livraison de produits de valeur constitue un autre cas d’usage très concret. Lors de l’achat, le client réalise un selfie assorti d’un contrôle de présence réelle. Son gabarit facial est ensuite intégré dans l’UR Code imprimé sur l’étiquette du colis. Au moment de la remise, le livreur scanne successivement le code et le visage du destinataire avec son smartphone. La comparaison permet de vérifier que la personne présente est bien celle qui a passé la commande. FaceTec vise notamment les transactions de e-commerce à forte valeur, pour lesquelles une simple signature ou un code envoyé par SMS offre une garantie limitée. Le dispositif pourrait réduire les remises à la mauvaise personne, l’utilisation d’une identité usurpée et certaines contestations frauduleuses de livraison. Il apporterait également au transporteur et au commerçant une preuve plus robuste de la remise en main propre.
Une stratégie de diffusion gratuite pour vendre les services autour
Les bénéfices sont concrets. Le code se lit avec une caméra standard, sans puce NFC ni lecteur spécialisé. Il fonctionne sur support physique ou numérique et la comparaison peut être réalisée localement, y compris hors connexion. Cette architecture peut ainsi réduire les copies de pièces d’identité envoyées à de multiples prestataires KYC, la centralisation des biométries et le coût des contrôles répétés. Elle complique aussi le partage d’une carte, l’utilisation d’un document volé ou la substitution d’une personne.
FaceTec adopte un modèle de diffusion large. Le logiciel de lecture et de comparaison est annoncé comme gratuit pour les organisations publiques ou privées. L’encodage est aussi gratuit pour les administrations, écoles, organismes humanitaires et structures non lucratives. En revanche, les entreprises qui veulent émettre commercialement des UR Codes doivent conclure un accord avec FaceTec, dont les tarifs n’ont pas été mentionnés. Les cibles sont les autorités émettrices, acteurs de la santé, assureurs, employeurs, établissements d’enseignement, transporteurs, banques, plateformes KYC et fournisseurs de wallets.
Les UR Codes ne remplacent ni le KYC, ni le wallet européen, ni le passeport électronique. Ils entendent rendre une identité ou un droit biométriquement vérifiable avec un support banal et peu coûteux. Leur potentiel est réel. Leur succès dépendra surtout de la capacité de FaceTec à convaincre des autorités de confiance de les émettre.