L’Allemagne lancera le 2 janvier 2027 son application d’identité numérique d-you. Si France Identité dispose d’une avance opérationnelle, le projet allemand affiche d’emblée une ambition forte auprès des services privés. Une comparaison qui rappelle que le succès d’un wallet ne dépend pas seulement de sa technologie, mais surtout de ses usages.
Son nom signifie à la fois « digital », « Deutschland » et « you ». Présentée par le ministre allemand du Numérique Karsten Wildberger, d-you permettra aux citoyens de disposer d’un équivalent numérique de leur carte d’identité sur leur smartphone. Le permis de conduire et d’autres justificatifs doivent être ajoutés progressivement.
L’application sera facultative. Elle servira à prouver son âge, ouvrir un compte bancaire, souscrire un contrat en ligne ou s’identifier auprès d’une administration. Selon les informations communiquées par le gouvernement allemand, une quarantaine d’acteurs devraient accepter d-you dès son lancement. Parmi eux figureraient des banques, des opérateurs de télécommunications, des fournisseurs d’énergie, des universités, des collectivités et la Poste.
D-you constitue la déclinaison allemande du portefeuille européen d’identité numérique, ou EUDI Wallet. Celui-ci doit permettre aux Européens de présenter des données d’identité et différents justificatifs, en ligne comme en face-à-face, tout en limitant les informations transmises au strict nécessaire.
France Identité possède une longueur d’avance
La France n’a pas attendu 2027. Déjà disponible, France Identité permet d’intégrer sa carte d’identité, son permis de conduire et sa carte grise dans son téléphone. L’application peut aussi générer un justificatif d’identité à usage unique, se connecter à plus de 1 800 services via FranceConnect, réaliser certaines démarches sensibles ou faciliter les contrôles dans les trains et les aéroports français.
France Identité a par ailleurs été désignée comme le futur wallet français conforme au cadre européen. Mais les deux applications ne se trouvent pas exactement au même stade. La solution française possède davantage d’usages déjà accessibles, principalement autour des services publics et de la mobilité. D-you arrivera plus tard, mais avec une intégration annoncée dès son lancement dans des parcours privés comme la banque, l’énergie ou les télécommunications.
La vraie compétition ne portera donc pas sur la capacité à afficher une carte d’identité sur un écran. Elle se jouera sur le nombre de services compatibles, la simplicité des parcours et la confiance des utilisateurs. Un wallet sans usages restera une vitrine technologique. Un wallet accepté partout pourra réellement remplacer une partie de nos documents et de nos mots de passe.