b.connect chez Sofinco : moins de mots de passe, plus de confiance

Simplifier l’accès à l’espace client tout en s’appuyant sur la sécurité des banques. C’est le pari de Sofinco avec b.connect. Ludovic Amoedo, son directeur du marketing digital, revient sur le déploiement et les premiers retours d’une solution qui complète les protections existantes.

Un bouton pour se connecter sans saisir de mot de passe. Porté par cinq groupes bancaires français, BNP Paribas, BPCE, Crédit Agricole/LCL, Crédit Mutuel/CIC et Société Générale, b.connect utilise l’authentification bancaire pour faciliter l’accès aux sites partenaires. L’utilisateur crée son compte en s’authentifiant avec l’application de sa banque, puis retrouve le bouton chez les enseignes participantes. Aucune application supplémentaire à installer. Avec b.connect, un clic suffit dans 80 % des cas ; les autres connexions nécessitent de repasser par l’application bancaire.

Opéré et hébergé en France, le service est proposé chez Sofinco depuis janvier 2026. Son directeur du marketing digital décrit un premier bilan surtout qualitatif, centré sur l’accueil du dispositif et la confiance des clients.

Quel problème souhaitiez-vous résoudre en intégrant b.connect ?

Ludovic Amoedo. Notre système fonctionnait déjà. Nous avions deux objectifs. Le premier répond au dilemme habituel du marketing digital : comment concilier l’expérience client et la sécurité ? b.connect propose un parcours très fluide, adossé à l’authentification bancaire.

Le deuxième relève de notre démarche d’expérimentation permanente. Nous devons tester d’autres approches et enrichir nos dispositifs. b.connect est venu s’ajouter aux solutions existantes pour nous permettre d’évaluer son apport en conditions réelles.

Qu’apporte précisément le fait de s’appuyer sur les banques ?

Nous bénéficions de leurs investissements dans l’authentification forte. Ces grandes banques nationales doivent faire évoluer leurs dispositifs pour leur propre sécurité.

Il y a aussi une dimension de confiance pour l’utilisateur. L’authentification repose sur sa banque et le dispositif peut être utilisé auprès de plusieurs enseignes. Cet appui sur l’authentification bancaire est un élément particulièrement intéressant.

Comment avez-vous organisé le déploiement chez Sofinco ?

La solution est en production depuis le 19 janvier 2026. Le projet a été assez court, grâce notamment à nos investissements dans la modernisation de notre informatique.

Nous avons aussi préparé tout ce qui accompagne le lancement : les outils de suivi, la formation, les équipes du service consommateurs et une page d’explication sur notre site. Deux campagnes d’information par email ont suivi, en mars puis en septembre, chacune auprès d’un peu plus de 400 000 clients. Entre les deux, nous avons pris le temps d’observer les retours.

Quels premiers résultats pouvez-vous partager ?

Nous sommes encore au début. À ce stade, nous avons surtout regardé les retours qualitatifs. Les taux de clic de nos campagnes sont légèrement supérieurs à ce que nous observons habituellement. Et lorsque nous avons interrogé des clients, la solution leur paraissait naturelle et sécurisée, sans qu’il soit nécessaire d’entrer dans des explications complexes.

C’est un point positif, car communiquer sur la sécurité est toujours délicat. Lorsqu’on insiste sur le fait qu’un service est sécurisé, on peut aussi alerter le client et susciter des interrogations. Ici, la présence des banques, celle des grandes enseignes et la dimension française de la solution apportent une réassurance. Nous pouvons parler de sécurité sans inquiéter.

Une connexion avec b.connect suffit-elle ensuite pour toutes les opérations ?

Notre sécurité repose sur plusieurs systèmes. Selon l’action du client, les informations disponibles et son comportement, nous activons différents dispositifs. b.connect s’intègre dans cet ensemble.

Nous ne traitons évidemment pas de la même manière une simple consultation du montant disponible et l’enregistrement de coordonnées bancaires. Les contrôles varient selon les actes. L’authentification bancaire apporte un élément supplémentaire dans une stratégie qui repose sur la complémentarité des protections.

Quelles évolutions de la fraude rendent cette approche nécessaire ?

Nous sommes concernés par les mêmes phénomènes que les autres acteurs du marché. Depuis quelques mois, l’usurpation d’identité est plus marquée. Les nombreuses fuites de données alimentent ces pratiques. Les fraudeurs recourent à l’ingénierie sociale et réutilisent des informations qui ont circulé ailleurs.

La difficulté, c’est que la fraude évolue. Lorsqu’on corrige un problème, elle peut prendre une autre forme et s’appuyer sur d’autres éléments. Il faut donc tester différentes approches et faire évoluer en permanence les dispositifs.

L’hébergement en France a-t-il été décisif dans votre choix ?

C’est un élément de choix. Nos conditions premières portent sur le respect de la réglementation, avec les vérifications que cela implique, notamment sur l’hébergement des données.

La dimension française participe toutefois à la cohérence de la proposition faite aux clients. L’appui sur leur banque, la protection des données et la présence de grandes enseignes forment un ensemble rassurant. Il est difficile d’isoler l’effet de chaque composante, mais la souveraineté fait partie de l’intérêt de l’offre.

Que se passe-t-il si un utilisateur perd son téléphone ?

Le client conserve nos moyens habituels de connexion, puisque b.connect est complémentaire. Pour retrouver l’accès à son authentification bancaire, son premier interlocuteur sera sa banque. Il entretient généralement avec elle une relation plus fréquente qu’avec Sofinco.

Cette proximité présente aussi un intérêt pour nous : la prise en charge d’un incident par la banque peut nous permettre d’être informés plus rapidement d’un événement. Nous constatons par ailleurs peu de retours au service consommateurs sur b.connect.

Cette expérience prépare-t-elle Sofinco à l’arrivée des wallets et de l’identité numérique ?

Nous travaillons évidemment sur ces sujets. Nous connaissons les exigences auxquelles nous devons répondre, mais la forme que prendra notre réponse reste en discussion. Le choix d’une solution unique ou de plusieurs dispositifs n’est pas encore tranché.

C’est précisément l’intérêt de notre démarche d’expérimentation : pour trouver les bonnes solutions, il faut tester les différentes approches et apprendre à les connaître. b.connect fait partie de ce travail.

 

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