En 2025 déjà, la CNIL recensait quelque 6 167 notifications de violations de données personnelles, et ce n’est pas le récent piratage DGFiP (Direction générale des Finances publiques) qui va inverser la tendance. Dans un récent communiqué, l’organisme indique que les données de 678 000 particuliers et professionnels ont pu être consultées et extraites. De quoi relancer le débat sur le niveau de sécurité insuffisant des institutions françaises.
L’été n’est pas de tout repos pour la DGFiP ! En juin et juillet derniers, l’administration subissait les assauts d’un groupe de cyber-criminels, dont le passage a laissé quelques traces. 678 000 personnes (physiques et morales) ont ainsi vu leurs données compromises, qu’il s’agisse de données fiscales (quotient familial, taux de prélèvement à la source, etc.) et cadastrales, ou d’informations liées aux entreprises (raison sociale, SIREN). Ce 18 août, la DGFiP a fait état d’une troisième fuite de données liées, cette fois, aux successions, d’une ampleur bien moindre néanmoins, d’après Amélie Verdier, directrice générale des finances publiques.
De fait, si l’administration annonce avoir immédiatement adopté “des mesures de sécurité complémentaires”, ces nouvelles attaques mettent une nouvelle fois en évidence le retard de la France dans la transposition de la directive européenne NIS 2, pourtant adoptée en 2022. Sans compter que de nombreuses zones d’ombres subsistent encore, notamment concernant la nature et le volume de données extraites, et le nombre exact d’usagers concernés.
Un groupe de hackers déjà connu d’Intermarché et du ministère de l’Éducation nationale
Dans le détail, la DGFiP indique que les hackers auraient utilisé, de façon illégitime, les identifiants d’un agent et d’un tiers habilité pour mener leur projet à bien. Bien que les intrusions aient été détectées assez tôt, ce n’est qu’après la revendication de l’attaque par le groupe français ZeroBytes, le 12 août, que l’administration aurait pris conscience des vols de données commis.
Selon ses dires, le pirate serait parvenu à accéder à plus de six millions de demandes, ainsi qu’au “Serveur professionnel de données cadastrales” (SPDC), notamment utilisé par les notaires et géomètres. La DGFiP précise, quant à elle, que les espaces Finances publiques des usagers n’ont pas été compromis, de même que les identifiants et mots de passe.
Le retard français en matière de cybersécurité fortement critiqué
Au-delà de son envergure (qui a d’ailleurs mené à l’organisation d’une cellule interministérielle de crise, à l’initiative du Premier ministre Sébastien Lecornu), ce nouveau vol de données témoigne plus que jamais de l’urgence de se doter de dispositifs de sécurité performants pour les services de l’administration française.
“Les choix politiques et budgétaires de ces dernières années ont joué un rôle déterminant et ont accentué la probabilité d’attaques des systèmes informatiques de la DGFiP”, condamne notamment la CGT Finances publiques, qui pointe du doigt les choix du gouvernement d’investir dans l’intelligence artificielle plutôt que la cybersécurité.