La “Machine du cybercrime” passée au crible dans une étude Infoblox

Jamais la cybercriminalité n’a été aussi forte : c’est le constat général que dresse le rapport publié cet été par Infoblox, expert du domaine. Ce dernier a en effet analysé des trillions de requêtes DNS sur un an et observé l’activité réseau de sa propre plateforme DDI (mêlant DNS, DHCP et IPAM) afin de dresser une étude approfondie sur la cybercriminalité à l’échelle mondiale. Zoom sur les principaux résultats.

Le 31 juillet dernier, Infoblox Threat Intel partageait son “Threat Landscape Report 2026 : The Cybercrime Machine”, dont la quarantaine de pages livre des chiffres-clés pour mieux comprendre les tendances en matière de cybercriminalité aujourd’hui. En tête desquelles l’essor de l’IA qui, si elle contribue à lutter contre les risques cyber, s’impose également comme une formidable alliée pour les hackers.

“La cybercriminalité ne se contente plus de croître ; elle devient plus efficace, plus automatisée et plus difficile à arrêter”, souligne Renée Burton, Vice-présidente d’Infoblox Threat Intel. “Guidée par des impératifs économiques et alimentée en partie par l’IA de pointe, elle a atteint une échelle sans précédent. La frontière entre les acteurs motivés par l’appât du gain et les gouvernements s’est estompée au sein d’une économie complexe qui permet aux criminels d’échapper aux perturbations grâce à la segmentation et à l’adoption de services standardisés.”

Des pertes financières record portées par l’automatisation

Première conséquence de la hausse de la cybercriminalité, les dépenses qui y sont liées sont, elles aussi, en croissance continue. Selon les chiffres d’Infoblox, le montant total des pertes liées à la cybercriminalité s’élèverait à 20,9 milliards de dollars pour les États-Unis uniquement, soit une progression de 26 % par rapport à 2024. 

Le rapport met par ailleurs en exergue une certaine industrialisation de la cybercriminalité, boostée par l’automatisation (rendue possible par l’IA), avec 67 % de nouveaux acteurs de menaces identifiés. En tête des attaques les plus ciblées : le vol d’identifiants (5,3 milliards de juin 2025 à juin 2026, selon Infoblox) et les usurpations de marque (373 000 incidents).

Quand l’IA perfectionne les pièges au quotidien

Si ces chiffres ont de quoi inquiéter, Infoblox livre également de précieux détails sur les procédés les plus utilisés. Dans 44 % des cas, les domaines malveillants ne sont actifs qu’une seule journée : de fait, afin d’échapper aux outils de sécurité traditionnels et aux listes de blocage, les hackers préfèrent faire pivoter leurs domaines le plus rapidement possible.

Fort de sa propre expérience avec sa plateforme DDI, l’éditeur note également que 22 % des 120 millions nouveaux noms de domaines enregistrés entre 2025 et 2026 présentaient des caractéristiques suspectes ou malveillantes. En parallèle, 96 % des utilisateurs d’Infoblox ont été touchés par des TDS (Traffic Distribution Systems, ou technique de redirection malveillante), ce qui en font des vecteurs d’attaques particulièrement généralisés.

De nouveaux domaines d’attaque apparaissent également, dessinant l’avenir du cybercrime : outre le détournement d’objets connectés de particuliers pour transiter vers un site malveillant, les hackers s’appuient, sans surprise, de plus en plus sur l’IA pour automatiser et perfectionner les leurres. Résultat : 71 % des URLs de phishing n’incluent pas le nom de l’organisation usurpée dans leur domaine, trompant plus facilement les internautes, et plus de 140 notifications malveillantes sont envoyées chaque jour aux victimes ayant cliqué par mégarde sur “Autoriser” en visant un site piégé. De quoi rappeler qu’à l’ère de l’IA, la sécurité ne peut plus reposer sur de simples listes noires, mais exige une analyse comportementale en temps réel.

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